Déploiement

Lourdes 2026, retour d'expérience : 18 ordinateurs et 12 entités réunis sur les murs d'images

Les deux murs d'images de la salle de contrôle de Lourdes 2026 affichant le logo de la préfète des Hautes-Pyrénées, un membre de l'équipe Easy Multi Display devant la scène

Fin d’opération à Lourdes. Tout au long de ces 48 heures, une centaine de personnes, en salles, ont suivi les murs d’images. Nous étions deux, en relais aux commandes, 24 heures sur 24. La préfecture des Hautes-Pyrénées le résume en une phrase : la visite du pape Léon XIV « s’est déroulée dans de bonnes conditions et sans incident majeur ».

Voici notre retour d’expérience, chiffres à l’appui. L’étude de cas complète, avec le récit, les photos et les vidéos du chantier, est en ligne.

Un événement hors norme

Les chiffres officiels, publiés par la presse au lendemain de la visite, donnent l’échelle :

  • environ 200 000 personnes sur le week-end des 26 et 27 septembre ;
  • 3 000 policiers et gendarmes, avec les militaires de l’opération Sentinelle et de l’armée de l’Air, et un dispositif de lutte antidrone ;
  • 700 secouristes : 370 sapeurs-pompiers, 280 secouristes de la Croix-Rouge et de l’Ordre de Malte, 50 soignants du SAMU ;
  • 475 personnes prises en charge par les secours, dont 9 urgences absolues.

Derrière ce dispositif, il fallait une salle où tous ces services se voient, se parlent et décident ensemble.

Ce que nous avons déployé

La préfecture a réuni un large éventail de services. La demande initiale portait sur 8 captures, c’est-à-dire 8 ordinateurs à afficher sur les murs. À la fin de l’opération, nous en affichions 18, pour une douzaine d’entités, sur une même image.

  • Deux murs principaux de 9 écrans chacun, plus de 20 m² d’affichage à eux deux.
  • Trois salles satellites pilotées du bout du doigt, chacune réunissant jusqu’à 8 sources avec notre multiprise HDMI.
  • Cinq à sept écrans de 65 pouces en recopie des murs, ailleurs dans la salle.

Les photos ne montrent qu’une partie de la salle. Elle était très grande, et derrière les panneaux travaillaient de nombreux autres services.

Un seul ordinateur pour deux murs

Les deux murs et l’écran de pilotage étaient pilotés par un seul ordinateur, chaque mur affiché en très haute définition (4K). Cet ordinateur n’avait aucun accès à Internet. Pour l’événement, nous avions préparé des scénarios dédiés, avec une douzaine de zones nommées par entité. Une même source pouvait alimenter plusieurs zones, en plein cadre ou découpée en quatre.

Côté fiabilité, rien n’a été laissé au hasard :

  • Seize jours de préparation, dont treize d’essais sur le poste de test.
  • Dix défauts révélés par les essais, tous corrigés avant l’ouverture. Plusieurs n’apparaissent qu’après des heures de fonctionnement : une démonstration de dix minutes ne les aurait pas montrés.
  • 24 heures d’endurance en continu, deux murs, des changements de scénario en série, avant de figer la version.
  • L’opérateur garde la main. Le logiciel ne relance jamais une source de lui-même : dans une salle de crise, c’est l’humain qui décide.

Résultat : du samedi en fin d’après-midi jusqu’au lundi, un relevé toutes les trente minutes, aucun plantage.

La résilience au maximum : c’est notre devise

Pour chaque maillon qui pouvait tomber, nous avions un secours sur place, branché et essayé :

  • Un serveur de secours, à côté de l’ordinateur de pilotage, prêt à prendre le relais.
  • La télévision par antenne. Une antenne UHF, une carte tuner à deux entrées et une clé TNT, pour capter les chaînes par l’antenne si le flux en ligne tombait.
  • QuickShare dans la salle. QuickShare tournait sur notre serveur, derrière notre routeur, sans aucun besoin d’Internet. L’invité de dernière minute rejoint le réseau de la salle, en Wi-Fi ou par notre câble, ouvre un lien, clique : son écran est sur le mur. Rien à installer, aucun compte, aucun son transmis.
  • La version hébergée en France, en roue de secours. Si le réseau de la salle tombait, nous y repassions, sur décision de l’équipe. Pour l’invité, le même geste et le même écran.

Le réseau du site a très bien fonctionné tout le week-end. Aucun de ces secours n’a eu à servir. Tous auraient pu. Au pire du pire, nous avions toujours une solution : c’est cela, la résilience.

Le convoi, caméra après caméra

Un moment résume l’utilité d’une image commune. Lundi, vers 8 heures, nous avions les yeux rivés sur les murs pour suivre le convoi jusqu’à l’aéroport. Les images se sont relayées : caméras du sanctuaire, puis police municipale, puis Police nationale, puis Gendarmerie.

Un colonel de gendarmerie, tel un chef d’orchestre, nous guidait pour réunir les images des services sur le même plan. Les décideurs, regroupés, le doigt pointé sur un détail, discutaient, puis tranchaient.

Ce que nous retenons

Le HDMI réunit ce que les réseaux séparent. Douze entités, ce sont douze systèmes d’information qui ne se connectent pas entre eux, et c’est très bien ainsi. CollectivView prend l’image de chaque poste par un simple câble : on réunit les images à l’écran, jamais les réseaux.

Le besoin grandit, le système doit suivre. De 8 captures demandées à 18 en service : chaque service qui voit le mur veut y apporter son image. Ajouter une source, c’est un câble HDMI de plus, pas un projet.

On teste longtemps, puis on fige. Ce sont les jours d’essai qui font sortir les vrais défauts.

Le plus difficile, c’est le câble qu’on débranche. Dans une salle temporaire, les postes bougent : un câble mal enfoncé, une fenêtre à replacer, un écran à étendre plutôt qu’à dupliquer pour ne montrer que ce qui doit l’être. Cela demande de la patience, et une équipe sur place.

Rien n’a été enregistré. CollectivView n’a recueilli aucune photo ni aucune vidéo pendant l’événement. Et dans la salle en service, les photos étaient interdites : celles que nous publions datent du montage, des essais ou de la fin de l’opération.

Une salle temporaire se monte vite. Deux jours de montage à trois personnes, un démontage commencé le jour même du départ : le récit du chantier est dans notre article sur le montage.

Une salle de crise ne dort pas. Plus de 48 heures de service continu, à deux, en relais. Un événement de cette ampleur se tient 24 heures sur 24, et cela se prévoit.

Au sourire de nos donneurs d’ordre et des participants, nous voulons croire que la prestation est allée au-delà des attentes. La force du collectif.

Remerciements

Les équipes de la préfecture des Hautes-Pyrénées ont été d’un professionnalisme remarquable. Un grand merci à Chrystel Abbadie et à Maxime Dutrieux, du SIDSIC de la préfecture, et à Patrice Cano, chef du service des systèmes d’information et de communication du SDIS 65. Merci à Kimex pour la qualité de ses supports.

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Sources des chiffres officiels : France 3 Occitanie, bilan des secours et France 3 Occitanie, le dispositif.

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